Nuancé casse les codes de la mode durable

Mis à jour : avr. 9

"Quand on fait de l'écologie, on est obligé d'être parfait à 100 %", voilà le postulat qui fait bondir Manon, la fondatrice de la toute nouvelle marque de mode responsable Nuancé.


Parce qu'aujourd'hui, une marque qui se dit engagée doit être locale, en matière biologique, ne pas faire de soldes et avoir des tailles inclusives, au risque de se faire huer.


Mais ce CV parfait a un prix qui n'est pas à la portée de toutes les bourses. Alors pour rendre la mode plus accessible, la jeune créatrice a eu une idée osée : s'affranchir du made in France en toute transparence pour faire radicalement baisser le prix de ses pièces en coton biologique.


Rencontre avec Manon Labrousse, fondatrice de Nuancé, qui a la sagesse voir la mode en gris.


Une définition de la "mode responsable" ?

C'est avoir conscience de ce qu'on achète. Aucune marque n'est parfaite, il faut simplement bien avoir en tête les critères, les engagements qui comptent pour soi.


En quoi tes habits sont responsables ?

Ils sont responsables parce qu'ils sont bio, labellisés GOTS (un des labels les plus exigeants du marché), ou recyclés.


D'autre part, l'usine avec laquelle nous travaillons est labellisée Fair Wear Foundation, un label qui veille aux bonnes conditions de travail de chaque salarié.


Pourquoi le choix du made in Bangladesh ?

Parce que la mode responsable coûte beaucoup trop chère. Elle ne devrait pas être réservée à quelques personnes qui peuvent s'offrir des produits parfois très chers. Produire au Bangladesh, dans une usine qui offre des bonnes conditions de travail à ses employés, me permet de proposer des t-shirts en coton bio à moins de 20 €.


Nuancé, c'est de la mode urbaine ?

Tout à fait ! C'est un mix de basiques à l'esprit sportswear pour les 20-35 ans. Aujourd'hui, il y a des t-shirts et des hoodies et bientôt des joggings pour venir compléter la gamme.


Ton nouveau chapitre s'intitule "être, ne pas sembler", pourquoi ?

L'idée c'est de revenir à des choses plus essentielles, s'éloigner du paraître des réseaux sociaux pour se réaligner avec soi-même et être plus dans le moment présent.


Ta musique du moment ?

Sans hésitation, le dernier album de Justin Bieber.



"La mode éthique ne devrait pas être réservée à quelques personnes qui peuvent s'offrir des produits parfois très chers." - Manon Labrousse, fondatrice Nuancé




L'info à emporter : Si la France est le pays du luxe, le Bangladesh est incontestablement celui de la fast fashion. Et pour cause l'effondrement du Rana Plaza en 2013 a révélé au monde les conditions de travail désastreuses des ouvriers de la mode jetable et a fait du made in Bangladesh une étiquette à fuir. Pourtant, et comme souvent, cette dichotomie mérite d'être nuancée. Il existe en effet quelques usines Bangladaises qui assurent de bonnes conditions de travail à leurs employés, comme il existe en Europe des ateliers de travail clandestin aux conditions plus que douteuses comme le révélait l'édifiant documentaire Arte sur les dessous de la mode à bas prix.


➡️ Pour s'assurer des bonnes conditions de travail des employés, cherche le logo Fair Wear Foundation, comme c'est le cas avec les habits Nuancés.


Ps : Laisse un petit cœur en bas à droite si la démarche de Nuancé te plaît.

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