Le parfait, des bocaux bien français

Avec l'essor du vrac et du zéro déchet, les bocaux en verre ont le vent en poupe et notamment les iconiques Le Parfait, reconnaissables entre mille par leur rondelle orange, qui fleurissent autant dans nos cuisines que sur Instagram (le hashtag cartonne à plus de 27k tout de même). Retour sur l'histoire de cette entreprise bien française qui aura, en 2030, 100 ans d'histoire.


La conserve, une invention française

On le sait, les efforts de guerre favorisent l'innovation comme jamais. Si l'histoire d'internet est bien connue, celle de la conserve l'est beaucoup moins.


Tout d'abord, il faut savoir qu'avant l'invention de la conserve, fin 18e siècle, le scorbut (maladie due à une carence en vitamine C) causait de lourdes pertes aux troupes. Désireux d'y remédier, Napoléon Ier promit de récompenser celui qui trouverait une solution pour conserver les aliments frais et sains destinés aux armés.


C'est Nicolas Appert qui trouva une solution après 15 années de recherche. Il découvrit qu'en chauffant des aliments dans un récipient en verre de type champagne fermé hermétiquement, on pouvait les conserver très longtemps, sans perdre leurs qualités nutritionnelles et gustatives. La conserve alimentaire appertisée était née ! L'inventeur empocha 12 000 francs pour sa découverte révolutionnaire mais ce sont les Britanniques qui brevetèrent les premiers la boîte de conserve métallique en 1810.


Au-delà des bénéfices pour les soldats, la boîte de conserve révolutionna la manière de consommer. Elle permit aux foyers de faire des provisions pour l'hiver, de manger des tomates toute l'année ou encore de passer moins de temps en cuisine. Parce qu'avant cette invention, on pouvait tenter le salage, le fumage ou encore le séchage pour conserver la nourriture, mais c'était risqué et plutôt cher...


Avec autant d'avantages, la conserve fit rapidement le tour du monde et devint l'un des symboles de la société de consommation !


Le parfait bocal français

En parallèle de la démocratisation des boîtes de conserve, légères et peu chères, la vente de bocaux en verre à destination des foyers explose. Que cela soit pour mettre une confiture, une soupe, un plat préparé ou des fruits en pot, les bocaux sont le contenant idéal pour pratiquer la conservation à domicile.


Une entreprise champenoise spécialisée dans le verre à champagne, les Verrereries Mécaniques Champenoises (VMC), décida de s'emparer de cette tendance. L'entreprise rémoise créa en 1930 Le Parfait pour venir concurrencer "Le Pratique" ou "Le Meilleur", les alternatives de l'époque.


Pour rendre leurs bocaux incontournables, l'entreprise choisit de les placer dans toutes les épiceries et drogueries françaises. Une stratégie gagnante qui éclipsa rapidement la concurrence.


En 1988, l'entreprise rejoint le groupe BSN-Danone. Ensemble, ils réfléchissent à une stratégie pour remettre au goût du jour les bocaux aux ventres ronds éclipsés entre-temps par l'arrivée des frigos et des plats préparés. Leur discours est simple mais malin : permettre à chacun de conserver ses propres produits à l'heure des nombreux scandales alimentaires.


En 2004, la marque passe aux mains des américains O-I (Owens-Illinois) mais la fabrication reste française. Tous les bocaux sont fabriqués à Puy Guillaume au nord de Clermont-Ferrand, seul le joint en caoutchouc vient du Sri Lanka. Un choix qui leur permet d'afficher fièrement la mention "made in France" qui séduit autant les français que les américains et japonais (la marque fait 10% de son chiffre à l'export).

Aujourd'hui plus que jamais Le Parfait fédère autour des valeurs de transparence, de faits maisons et d'antigaspi, et attire pour son aspect économique et pratique.




À vos vracs, prêts, partez : Le marché du vrac a doublé depuis 2013 et devrait encore tripplé d'ici 2022 !


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